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Facebook : L’Internet simplifié pour monsieur tout-le-monde

Il y a quelques temps, Oz avait écrit une petite note sur le phénomène Facebook sur son blog, en la lisant je m’étais dit que j’allais réagir, pour comme d’habitude, finir par oublier de le faire.

Aujourd’hui on parle partout sur Internet du changement des termes d’utilisation de Facebook, notamment la suppression de la clause qui dit que lorsqu’un utilisateur ferme son compte, son contenu n’est plus la propriété de Facebook. A ce sujet, pas mal de réactions, dont celle de Oz qui s’étonne avec ironie sur Twitter que tout le monde (re) découvre la perversion du site communautaire le plus célèbre du monde.

Voici une deuxième occasion de répondre à la question de fond sous-jacente: qu’est-ce que Facebook ?

Facebook est le site communautaire par excellence, et ce, pour une seule raison : tout le monde y est. C’est là le seul et unique réel succès de ce site : avoir réussi à attraper, capturer, séduire, hypnotser, asservir ou encore pervertir la plupart des gens qui savent peu ou prou se servir d’une souris (et éventuellement d’un clavier, mais ce n’est obligatoire).

Oui, tout le monde y est : votre mère, votre ancien copain de primaire, votre ex-petite amie de collège, vos collègues actuels ou non, votre ancien patron, votre chef de service, vos amis intimes, votre oncle, vos frère et soeurs, vos cousins et cousines, bref, il est désormais plus facie de trouver qui n’est pas sur Facebook parmi vos connaissances plutôt que l’inverse.

Une fois que l’on comprend bien cela, que Facebook n’est ni plus ni moins le seul endroit de la Toile où tout le monde se retrouve, on comprend que c’est ici qu’a lieu la simplification ou même pourquoi pas la réduction d’Internet.

En effet, tous les outils que Facebook propose existaient déjà et depuis bien longtemps sur Internet :

  • Le Wall (votre mur ou profil) est une page perso simplifiée, et formatée
  • Les groupes sont des ersatz de forum web ou de newsgroup
  • Les pages de “Fans” des petit sites web clé en main
  • Les partage de photos sont des galleries d’images, ou encore une mauvaise copie de Flickr
  • La messagerie instannée n’est ni plus ni moins un Instant-Messenger web (MSN, Jabber ou même IRC permettent bien mieux)
  • Enfin, la messagerie est évidemment un petit webmail fermé

Bref, tout était déjà là, et l’est toujours. Mais chaque partie de ce que nous appelons Internet nécessitait un outil, et d’éventuelles connaissances techniques plus ou moins profondes selon ce qu’on désirait faire.

Dans facebook, les fonctionnalités de chacun de ces outils ont été réduites, leur ergonomie standardisée et leur complexité anéantie (99% des actions sont réalisables dans Facebook avec un clic).

Tout le monde est là et tout le monde peut tout utiliser, pari gagné, pour Facebook. Maintenant que vous y êtes, vous n’allez plus vous en aller : car tout votre réseau de connaissance réel y est, et quoiqu’on en dise, quoiqu’on pesne de Facebook, c’est bien pratique.

Le problème qui me gêne n’est pas que Facebook soit une réduction d’Internet, fondamentalement, ce n’est pas grave, ça permet à des gens (la plupart des gens) d’accéder au réseau et c’est tant mieux. Mon côté Geek n’est pas frustré, puisque que je peux brancher de plus en plus d’outils ensemble pour interagir avec Facebook (et donc mes connaissances non-technophiles) sans forcément y aller (Twitter, Yoolink, Flickr…).

Ce qui me gêne en revanche, c’est le manque de morale dont fait preuve Facebook, notamment avec ce changement soudain de clauses : la seule et unique richesse de Facebook, ce sont ses utilisateurs. Or ce sont ces même utilisateurs qui sont les plus lésés : toute contribution de contenu qu’un utilisateur fait se voit irrémédiablement léguée à Facebook.

Désormais, quand vous êtes sur Facebook, vous n’êtes plus simplement un utilisateur d’un Internet simplifié, mais bien un petit employé de Facebook qui s’ignore.

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Face à face avec Facebook, en toute intimité

Facebook est un accélérateur de vices.

On commence sur Facebook par devenir un chercheur d’« amis » et il se trouve que bien souvent, les personnes que l’on retrouve ne sont pas des amis (tiens c’est marrant ça, nos amis on les connait déjà, non ?).

Bref, la plupart du temps, chaque personne sur Facebook est à la recherche d’amis, et de ce fait, devient potentiellement un boulet à la recherche d’une victime (Eh salut on était ensemble en cours d’allemand en 4ème (je crois) ! Tu m’acceptes comme ami ?!).

Une fois cette frénésie passée, on devient alors un « spammeur d’amis » (je vais déposer ce terme, y a un concept) ; on envoie avec bonne humeur des tonnes d’« invitations » afin que nos amis (sic) nous rejoignent. Au bout d’une semaine, chacun desdits amis finit par ignorer systématiquement lesdites invitations (Rholala, il ne m’a pas rejoint dans le groupe « Ceux qui rejoignent ce groupe sont ceux qui rejoignent ce groupe. » ; vraiment pas sympa le mec.).

Lorsque l’invitationnite aigüe passe son chemin, il faut bien trouver autre chose pour attirer l’attention des amis, et on finit par devenir – presque sans s’en rendre compte – un véritable exhibitionniste numérique équipé d’une arme de vulgarisation massive : l’album photo public.

Tout y passe : les photos de famille (alors là, c’est mon papa, et là c’est ma petite sœur, il est beau notre sapin de Noël hein !), les photos de vacances en bikini (je suis belle hein ! dîtes-moi que je suis belle – sourire Facebook-colgate), les photos d’enfance (ce qu’on était mignones en CE2 ! Tu trouves pas ?) et bien sûr, les photos de couples qui-s’aiment-pour-la-vie-et-qui-auront-plein-d’enfants (Mon amour ! Mon Cœur ! Mon Amour !).

Je m’étonne devant cet exhibitionnisme généralisé, le clavier opère-t-il sur ses usagers une sorte d’anesthésie de la pudeur ?

A moins que ça ne soit finalement un lubrifiant de la vulgarité…

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